À la Belle Époque, l’essor des grands magasins favorise l’émergence de la mode auprès d’un large public.Zoom sur un journal de mode conservé dans les collections de la bibliothèque patrimoniale. L'histoire de ce journal commence avec la création d'un grand magasin...

 

 Un entrepreneur ambitieux

 

 Jules Jaluzot (1834-1916) est un homme aux multiples casquettes : politicien et homme d’affaires, il s’est également essayé à l’édition, puisqu’il possède à la fin du XIXe siècle plusieurs journaux nationaux.

Originaire de la Nièvre (Bourgogne), Jules Jaluzot est issu d’une famille bourgeoise. Il arrive à Paris en 1853 et intègre le grand magasin Au Bon Marché. Il se marie en 1864 avec Augustine Figeac, de la Comédie-Française.

Jules Jaluzot (1834-1916). Consulter en ligne

 

Grâce à ses contacts et à la fortune de son épouse, Jules Jaluzot ouvre, l’année suivante, son magasin : Le Printemps. C’est un établissement qui se veut moderne et innovant, à l’instar des grands chamboulements que connaît Paris durant le Second Empire. Construit dans un quartier encore peu développé, à proximité de la gare Saint-Lazare, à l’angle de la rue du Havre et du boulevard Haussmann, il est inauguré le 3 novembre 1865.

 

 Les magasins du printemps dans le journal La vie parisienne du 13 janvier 1866, page 28.
En ligne sur Gallica

 

Ce magasin va connaitre très vite un immense succès et sera rapidement agrandi. Cependant, un incendie survenu en 1881 impactera fortement l'activité. Une partie du bâtiment sera ravagé par les flammes. Lors de la reconstruction, Jules Jaluzot souhaite proposer un établissement moderne en favorisant l'utilisation de matériaux innovants comme le verre ou le fer... Le magasin innove également avec l’arrivée des ascenseurs, une vraie révolution à l’époque.

Il ne manque pas d’idées pour révolutionner le commerce en proposant des produits de qualité et une grande variété d’articles : vêtements, objets d'intérieur, décorations, nouveautés… Il organise aussi des soldes, une idée toute neuve : vendre les articles invendus à prix réduit à la fin de la saison. C'est un énorme succès !

 

Le journal : le moniteur des modes  

 

 Jules Jaluzot ne va pas se contenter des magasins pour vendre ses vêtements : il va également mettre en place la vente par correspondance. En 1866, il lance son propre magazine : Le Printemps, Moniteur des modes |ISSN : 2741-1222. Plutôt littéraire au milieu du XIXe siècle, la presse féminine s’oriente de plus en plus vers le conseil pratique ; elle devient familiale et moralisante.

Dans les années 1880, sous la direction de M. Henry Petit, le moniteur des modes parait 2 fois par mois, tous les 1ers et 16 de chaque mois, soit 24 numéros par an. Le prix du journal variait selon l’édition, reflétant les pratiques éditoriales de l’époque en matière de diffusion culturelle. À partir de la fin des années 1880, un numéro coûtait 1 fr avec deux gravures coloriées, ou 1,50 fr s’il comprenait une figurine colorisée.

Trois formules d’abonnement annuelles étaient proposées : une édition standard à 15 fr (24 gravures), une autre à 20 fr (48 gravures), et une édition de grand luxe, témoin du goût bourgeois pour l’illustré raffiné, à 30 fr (48 gravures et 24 figurines).

Détail : Le printemps, journal du 16 février 1888

 

Chaque numéro compte une dizaine de pages proposant des articles de mode, des conseils de beauté, des patrons pour la couture ou le tricot, etc. C’est un contenu principalement destiné aux femmes. Un accent est également mis sur les thèmes du foyer, l’art culinaire et la vie familiale.

 

 Feuilletez le journal du 16 février 1888 :
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 Chaque numéro propose également des planches en couleur présentant les dernières toilettes en vogue. Véritable attrait du journal, ces illustrations colorisées font rêver. On y découvre des silhouettes vêtues avec raffinement, coiffées selon les tendances du moment, parées d'accessoires élégants, le tout mis en scène dans des décors idéalisés ou des intérieurs dignes des plus belles demeures.

 

 Quelques planches en couleur : 

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 Le Printemps s’impose comme une vitrine de l’élégance parisienne à l’échelle internationale. Véritable référence pour saisir l’esprit de la vie parisienne de l’époque, ce journal sera publié jusqu’en 1910, avant de prendre successivement les noms de Toilettes de Paris | ISSN : 2800-7794, puis Paris-Toilettes en 1916 | ISSN : 2800-7786.

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Double page : La collection Eté 1888

La bibliothèque patrimoniale conserve plusieurs numéros de ce journal sous la cote PERPAT 21. La collection conservée s’étant de janvier 1888 à février 1889.

Pour aller plus loin, voici une petite sélection de journaux de mode accessible en ligne sur Gallica

 

 

 

 

 

 

 Liens utiles / bibliographie :