Madagascar - Beauté & dépouillement - par Bruno NICOLAS | 2e et 3e étages

du sam. 03 juil. au mer.1er sept.

Rencontre avec Bruno NICOLAS - sam. 03 juil. & sam. 10 juil. à 16h au 3e étage

 

"Ma découverte de Madagascar date de 1992 ! Étrange pays avec ses hautes maisons étroites en pisé sur les Hauts Plateaux, ses rizières qui font penser à l'Asie, ses forêts de " ravinala ", l'arbre du voyageur, ses paysages grandioses…Mais l'Afrique est aussi présente sur la côte avec ses foules bigarrées, sa végétation luxuriante, ses petites cases végétales en " falafa "…

La « Grande île », plus grande en superficie que la France, inspire immédiatement un sentiment de dépaysement, renforcé par cette harmonie originelle dans les campagnes, caractérisée par l'absence d'industrie ou de constructions hétérogènes.

Revenant aux mêmes endroits (Côte Est et Hauts Plateaux) à l'occasion de visites familiales, j'ai tissé des liens ; je me suis imprégné du pays et de ses habitants. Mon regard a changé, est devenu plus proche. Cette histoire commune vieille de 29 ans, ces retrouvailles, ces départs, ce " fil " que le temps a permis, les photos présentées s'en font l'écho comme en filigrane. Les excursions plus récentes, à l'Ouest et au Nord, relèvent de la même approche : l'immersion.

Cette série de photos, qui s'échelonnent dans le temps, reflète l'immobilisme de la situation des malgaches ; depuis, le niveau de pauvreté n'a fait que s'accroître avec la pandémie…

Ainsi les malgaches nous apprennent à vivre au jour le jour, dans le provisoire, sans sécurité, fragiles et dépouillés...Mais aussi à supporter, à faire face à tous les aléas de la vie sans se plaindre car pour eux, la vie reste plus forte, " l'aïna " comme ils disent, qui a un sens presque sacré. Oui la vie est un précieux cadeau !

Sans doute ce sentiment d'être vivant et cette capacité de résilience sont accentués par une riche vie sociale car, dans la société malgache, l'individualisme n'existe pas. Toute existence prend racine dans le groupe et la tradition.

Ces photos sont le miroir de cette expérience, parfois contemplative face à la beauté des paysages, ou devant des scènes de la vie à l'aspect immémorial. Leur cohérence vient de la noblesse d'attitude de ce peuple, si éloignée du " misérabilisme ".

Ainsi il n'est pas exagéré de dire que " l'Île Rouge " est un creuset où la beauté et le dépouillement se conjuguent."

Bruno NICOLAS

 

Matériel utilisé : Sony RX100 M3, Nikon F4, Leica Minilux

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